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La Grève des bàttu

Résumé du livre La Grève des bàttu de Aminata Sow Fall

Un livre de : Aminata Sow Fall

La Grève des bàttu

Ajouté le : il y a 1 mois

Ce roman est très intéressant par le sujet abordé. Les battú   sont les mendiants qui sont dans la rue, ceux qui demandent l’aumône. Les gens qu’on ne regarde pas ou si peu. Ceux qu’on préfère éviter, ceux dont on a tendance à penser qu’ils n’apportent rien à cette société.

L’autrice fait le choix de les mettre au centre de ce récit. L’histoire est simple, les habitants d’une ville du Sénégal très embêté par ces battú l’expriment auprès des politiques. Ces derniers décident de nommer KEBA-DABO qui est chargé de désencombrer la ville des mendiants pour la rendre attractive. Les mendiants seraient un repoussoir à touristes donc une perte pour l’économie du pays.

Là se lance un affrontement déséquilibré entre les forces de l’ordre et les battú et, humiliations, rejet et abus en tous genres deviennent monnaie courante. La dignité humaine reprend toujours le dessus. Las de se faire traiter moins que des humains, ils décident de se retirer et de disparaitre.

Leur absence permet de faire émerger des questionnements et des inquiétudes. Elle laisse à la société le soin de constater que leur présence jouait un rôle important. Elle semblait certes invisible mais elle était présente et tout le monde s’en accommodait.  Dans cette société sénégalaise ou le don aux autres (aliments, pièces offrande…)  est centrale « donner a plus petit que soi amène la réussite et permet l’acceptation de nos prières », « plus l’on donne plus l’on est béni », parce que faire des dons amène la réussite. L’absence des mendiants inquiète car les mendiants sont humains. Et le jour où, écrasés par les humiliations, ils décident de ne plus mendier, c'est toute la vie sociale du pays qui s'en trouve bouleversée. Car à qui adresser ses prières ? A qui faire ces dons qui doivent amener la réussite ?

Avec humour et délicatesse l’autrice aborde intelligemment la question de la place de tout être humain dans cette société. Ce roman pousse chacun de nous à requestionner le regard qui est porté sur l’être humain que l’on croise dans la rue peu importe son statut social.

On peut transposer cette situation au Congo car on trouve également dans la rue des « mendiants », adultes mais en majorité des enfants, ils sont nommés « enfants des rues ».

Très souvent les adultes tournent le regard, les qualifient et les traitent de « bandits, sorciers, porteurs de malédiction… ». Dans certains lieux de culte il est même parfois encouragé de ne rien donner car ses enfants bloqueraient des bénédictions.

Ce roman qui se déroule au Sénégal, écrit par une Sénégalaise, nous permet d’illustrer un propos : celui du respect de l’être humain en général. Il remet en perspective l’importance de porter une attention à son prochain car même le plus crasseux des mendiants joue un rôle dans une société et sa place n’est pas discutable. Le respect que l’on porte à son prochain ne devrait pas dépendre de son statut social.

J’ai alors une énorme pensée pour ses enfants des rues congolais qui sont des adultes en devenir et à qui cette société par le regard qu’elle porte sur eux renvoie du rejet. Ce roman de deux cents pages qui se lit facilement, permet à beaucoup d’enfants et d’adultes de changer le regard qu’ils peuvent porter sur les « mendiants » qu’ils croisent dans la rue. Rien ne sert de les humilier, de les ignorer, mais il convient de porter sur eux un regard humain, bienveillant et empathique.

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